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Une campagne européenne

Axée sur la participation des citoyens et au service du développement durable, la campagne européenne « L’eau, bien commun pour la vie » vise, au plan européen, la reconnaissance et la pratique de l’eau en tant que bien commun, bien essentiel et non substituable pour la vie.

Elle se développera, au départ de la Belgique, à travers l’UE et en dehors, dans trois pays francophones (Suisse, Québec et un pays d’Afrique du Nord), du 10 septembre 2010 jusqu’à la fin de 2012. Le lancement se fera à Bruxelles.

Fondements de la campagne

Elle tire son origine de la problématique de l’eau (marchandisation de l’eau, prédominance du paradigme économique, accès à l’eau nié à des centaines de millions d’êtres humains, pollutions, raréfaction croissante de l’eau bonne pour usages humains…), telle qu’elle est aussi ressortie de la Conférence internationale “Faire la paix avec l’eau”, organisée au Parlement européen en février 2009, par le World Political Forum, l’IERPE, les autorités fédérales et régionales belges et les groupes politiques du Parlement européen (voir le document final issu de la Conférence : « Mémorandum pour un Protocole Mondial sur l’Eau », disponible sur le site Internet de l’IERPE, à l’adresse : http://ierpe.eu/articles.php?lng=fr&pg=71).

Elle s’inscrit également dans le cadre des discussions en cours sur le changement climatique, avant et après Copenhague, ainsi que de l’ensemble des décisions qui en sortiront et qui auront une grande portée politique et historique pour la vie sur la planète et le devenir de l’humanité.

Philosophie

La philosophie de la campagne repose sur l’urgence de la promotion d’une citoyenneté européenne active, fondée sur la réflexion, le débat, l’échange et l’action commune, débouchant sur des revendications et des propositions en matière de politique et de gestion intégrées et cohérentes de l’eau au sein de l’UE, au service d’un réel développement durable, à savoir d’un autre développement. Par « participation des citoyens » nous entendons des modalités d’implication des citoyens valorisant non seulement les processus de meilleure information et consultation du public mais aussi la prise de décision.

La démarche

Poursuivant une triple finalité : pédagogique, culturelle et politique, la campagne est « alimentée » et vit à travers trois puits :

- le puits des connaissances

- le puits des émotions

- le puits des actions

L’idée d’utiliser la métaphore des « puits » pour décrire la démarche de la campagne découle du fait que l’eau d’un puits, dans toutes les civilisations, a été généralement traitée et gérée comme un bien commun public. Le « puits » est « source », source de vie… Un puits contaminé ou ensablé est signe de danger de mort… Ainsi, notre campagne se veut être une source de connaissances (connaître pour comprendre et choisir), une source d’émotions (on agit et on se mobilise si l’on est touché au profond de notre capacité de s’émouvoir), et une source pour l’action (autour d’un nombre limité mais important d’objectifs réalisables).

1. Le puits des connaissances

La campagne vise à rendre facilement accessibles à un large public les connaissances les plus récentes et diversifiées en matière de droit humain à l’eau pour la vie, d’accès à l’eau pour tous, d’usage et de gestion de l’eau en tant que bien commun à préserver, valoriser et partager. L’eau n’est pas une marchandise (« bien de production », « bien de consommation »), dont la valeur serait déterminée par les logiques d’échange aux prix du marché. A cette fin, la campagne cherche à renforcer les connaissances existantes sur les thématiques liées aux dévastations de l’environnement, au changement climatique, au développement durable – notamment au niveau des villes – , à la lutte contre l’appauvrissement d’un nombre croissant d’habitants de la Terre, à l’affaiblissement du rôle de l’Etat et des collectivités locales, à l’innovation technologique pour la justice, au renforcement de la participation des citoyens…

A travers l’eau, on peut apprendre les principes de la sacralité de la vie et du respect de la nature, de la primauté du vivre ensemble, de la liberté et de la sécurité collective, de la coopération et de la paix entre les communautés humaines.

Dès lors, le puits des connaissances vise à faire prendre conscience de l’urgence du développement d’ingénieries institutionnelles et de pratiques sociales fondées sur la responsabilité partagée entre les acteurs concernés vis-à-vis de l’eau et des écosystèmes, dans le cadre législatif national et européen, au niveau interrégional et des bassins transnationaux et transcontinentaux (cas de la Méditerranée). Pour ce faire, la campagne donnera leurs titres de noblesse aux connaissances résultant du vécu quotidien des formes innovantes de gestion commune et de partage des ressources hydriques conçues pour promouvoir l’intérêt collectif.

2. Le puits des émotions

Cette partie de la campagne fait appel à l’imaginaire, aux émotions, aux rêves en tant que sources d’alimentation de la prise de conscience, du raisonnement, de la mobilisation des citoyens, au singulier et au collectif. Tout bouge, dans l’univers humain et social, en fonction des idées, des perceptions, des sentiments, des envies…

L’eau est une source intarissable de symboles, d’imaginaires, de rêves, de désirs, de souffrances, de peurs… L’eau est « mouvement ». On peut éclairer les comportements nobles, solidaires, pacifiques, déraisonnables, voraces, pirates… en matière d’eau, à partir des émotions. On peut ainsi valoriser un dessin, un chant, une pièce de théâtre, une danse, une sculpture, une publicité pour orienter, pousser, effectuer un choix, un acte, une politique. La campagne se veut un instrument de promotion d’émotions en faveur de visions et pratiques sociales qui valorisent l’eau en tant que bien commun, base du droit universel à la vie, source de coopération et de paix, instrument de justice et de solidarité (non seulement entre les humains mais aussi entre les humains et la nature).

3. Le puits des actions

Aboutissant naturel de la campagne, le puits de l’action sera à la source de l’action citoyenne. Celle-ci se développera autour de quatre actions au triple objectif pédagogique, culturel et politique, à savoir

- la modification de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau de 2000. D’une part, par rapport au préambule de la DCE qui affirme que l’eau « n’est pas une marchandise comme les autres » et, d’autre part, en ce qui concerne l’art.14 qui réduit le champ de la participation des citoyens à l’information du public et à sa consultation.

- la promotion du « Réseau Européen les Villes et l’Eau – REVE », à partir des villes et collectivités locales qui partagent, en Europe, leur volonté de repenser et de redessiner le devenir de nos villes dans le but, entre autres, de réconcilier les citoyens avec l’eau.

-le journée européenne des fleuves en mai-juin 2012, dont l’objectif est d’associer les citoyens à la définition des principes fondateurs d’une « politique européenne des fleuves » au travers d’une s »rie de manifestations et d’activités autour de 6 fleuves de l’UE.

- la mise en place progressive d’une « agora européenne citoyenne de l’eau », au fur et à mesure de la réalisation des activités prévues par l’ensemble de la campagne (voir les 13 outils ci-après). Cette agora sera spontanée ou ne sera pas. Une agora « créée » par le haut est destinée tôt ou tard à « s’ensabler ».

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